vendredi 1 août 2014

Pourquoi ce blog ?


Je m’appelle Alexandre Pieroni et j'étudie la sociologie à l'EHESS - Paris (École des Hautes Études en Sciences Sociales).
Je travaille sur le thème de l'électro-hypersensibilité aux ondes électromagnétiques.

L'électrosensibilité (dont l'électro-hypersensibilité est la forme la plus aigüe) fait partie de ces nouveaux syndromes résultant de pollutions environnementales nouvelles qui accompagnent les évolutions technologiques récentes.
Les Electro-HyperSensibles (EHS, en abrégé) ressentent les ondes émises par les téléphones portables, le wifi, les antennes relais et autres dispositifs sans fil. Les plus atteints d'entre eux peuvent être contraints de fuir dans des lieux isolés pour échapper à ces ondes qui les font souffrir.

Tout au long de ce blog, le terme EHS désignera aussi bien les électro-hypersensibles que l'électro-hypersensibilité, que l'on désigne aussi par le terme de Sicem (Syndrome d'Intolérance aux Champs ElectroMagnétiques). 


Je m'intéresse à la façon dont les EHS refont leur vie en marge de cette société où ils ne sont plus intégrés comme avant. Comment ils s'adaptent à leurs nouvelles conditions de vie, et particulièrement quels sont les rapports qu’ils développent avec les dimensions spatiales de leur quotidien.

Je mène mes recherches au travers de trois approches distinctes et complémentaires :
- des rencontres avec des EHS et certains de leurs proches, des entretiens et des échanges ;
- une cartographie sensible des espaces de vie des EHS (domicile, alentours immédiats ou plus lointains…) dont je suis encore en train d’élaborer le modèle, mon but étant de rendre perceptibles les ressentis des EHS dans les lieux qu’ils habitent, fréquentent ou traversent ;
- un film documentaire, encore en chantier, car j'ai décidé de ne plus filmer d’interviews pour m’attacher aux parcours de vies de quelques uns de ces "cas isolés".

Je publie sur ce blog des états de mon travail de terrain. Il s'agit à la fois de donner une forme à ce qui a déjà été fait et de préfigurer les résultats à venir.
Alors qu'au début de mon approche de l'EHS, je me plaçais dans une démarche journalistique, j'ai évolué dans le sens de l'approfondissement du sujet jusqu'à entamer des études de sociologie qui donnent à mon travail une toute autre portée. 
Dans la continuité de cette évolution, je souhaite que ce blog soit ouvert à tous et qu'il donne à réfléchir à chacun.
Mon adresse internet est présente tout au long du blog, les personnes désirant me contacter n'ont donc qu'à m'écrire.

Ce blog est multiforme. On y trouve : 
- des textes, 
- des vidéos, 
- des enregistrement sonores (également sous forme de vidéos),
- et tout type de matériel jugé pertinent... 
Ces différents types de documents font écho à la diversité des situations que vivent les EHS et aussi aux réalités pratiques du terrain. Certaines interviews ne sont ni filmées ni enregistrées, certaines personnes veulent bien être enregistrées mais pas filmées, des problèmes techniques peuvent gâcher une prise, et ainsi de suite... 

Il n'existe pas un profil type de l'EHS. Ils sont mariés ou célibataires, riches ou pauvres, vieux ou jeunes, ils ont fait des études ou pas, ils sont femme de ménage ou bien énarque. 
Parmi les traits distinctifs les caractérisant, on peut noter qu'ils sont presque tous adultes (les cas d'enfants EHS sont très rares), la plupart au-dessus des 40 ans, et très majoritairement des femmes. Les explications scientifiques n'en sont pas encore claires, mais ce sont des faits indéniables.

Bien entendu, toutes les publications de ce blog se font dans le respect de l’anonymat et de la vie privée des personnes (EHS ou non) que j'interviewe et/ou filme.
Toutes les personnes interviewées ne sont pas nécessairement présentées sur ce blog. Pour des raisons de place, parfois de redondance des témoignages, ou simplement parce que je suis débordé de travail.
Mais je les remercie toutes et tous pour leurs témoignages et leur aide incontournable.

Bref, ce blog est un outil de communication, à la fois relais d'information et opportunité de contact.
Je vous souhaite à tous une bonne lecture et je suis ouvert à vos réactions.


Alexandre Pieroni, alexandre.pieroni@ehess.fr

Bande-annonce du documentaire

Le documentaire en cours de réalisation s'intitule donc "Quelques cas isolés".

Mon propos est de rendre perceptibles les ressentis physiques et psychologiques des EHS vis-à-vis des ondes et les changements qu'ils entraînent dans leur quotidien. Notamment pour ce qui est de leurs rapports aux espaces de leur vie, en termes de déplacement et de séjours, et de stratégies d'adaptation face à la souffrance et à l'isolement.

Voici la bande-annonce




Vous pouvez la voir avec une meilleure définition sur Vimeo : 

Alexandre Pieroni, alexandre.pieroni@ehess.fr


À propos du titre…


J’ai été interpellé sur le titre du blog, je pense donc utile de faire une mise au point.

Quelques cas isolés

On m’a écrit : "Je me bagarre pour que l'idée que seules quelques personnes sont exclues ne soit plus véhiculée, car c'est toute la société qui est en train de vivre tout doucement les mêmes troubles que les EHS. Les dépressions, maux de têtes, insomnies, pertes de mémoire... Mais sans s'en rendre vraiment compte."
Suite à ce commentaire, je préfère éclaircir ma position pour éviter tout malentendu.

Si j'ai choisi d'intituler ce projet Quelques cas isolés, c'est par ironie.

En même temps, il est vrai que les EHS "de l'extrême" (comme on les appelle parfois), ne sont effectivement que quelques cas isolés. Tout comme il est vrai qu'ils ne représentent qu'une minorité des électrosensibles qui sont beaucoup plus nombreux que ces cas médiatiques plus facilement mis en avant.
Soyons lucides, si ne serait-ce que 5% des français étaient électro-hypersensibles au point de devoir se réfugier dans des grottes ou dans des caves, une loi aurait déjà été votée depuis longtemps et la wifi serait interdite. Parce que nul ne pourrait plus nier un désastre aux conséquences aussi énormes et évidentes. Et pas davantage y faire face. L'État serait alors contraint de prendre des mesures drastiques, car il n’aurait pas d'autre choix.
Or, ce n’est pas le cas.

Ce qui ne veut pas dire que la population ne subit aucun dommage. Quantités de gens pâtissent des ondes, à divers degrés. 
Et certains développeront des pathologies. Peut-être moi aussi, d'ailleurs... Je n’en sais rien. Pas plus que le reste de la population.

Dans mon travail documentaire et universitaire, je m'attache au sort de personnes qui subissent une exclusion que l'on justifie par cet argument qu'ils ne sont que quelques uns, et qu'il serait par conséquent dommage de sacrifier le bien-être de la multitude pour quelques exceptions malheureuses !
Il y a là un rejet tellement radical, un tel déni, un tel isolement… Que j’ai jugé utile et parlant de reprendre cette formule dans le titre.
Pas pour la justifier. Mais pour montrer à quel point il s’agit d’un principe intolérable.
Et puis aussi parce que ces "quelques cas" en passent bel et bien par l'épreuve de l'isolement. Un isolement dont ils sortent plus ou moins, chacun à leur façon. Mais un isolement quand même, une mise à l'écart de la société dont ils faisaient partie jusque là.


Alexandre Pieroni, alexandre.pieroni@ehess.fr

Sommaire


Partant du constat lucide que bien des internautes n'ont pas la patience de dérouler les blogs jusqu'en bas,  voici un sommaire des articles qui suivent. Histoire de mettre le lecteur en appétit, et avec des liens directs vers les articles, pour les gens pressés...
Bonne lecture !
Alexandre Pieroni, alexandre.pieroni@ehess.fr

Émilie s’est installée à la campagne à cause de son électro-hypersensibilité. Je lui ai rendu visite, par un hiver rigoureux, dans le coin isolé où elle a trouvé refuge.
Interview filmée.

Karim persiste à vivre en ville malgré son électro-hypersensibilité, son isolement et les stratégies d'évitement qu'il est contraint de mettre en œuvre.
Interview sonore.

Agnès est électrosensible depuis des années, mais continue malgré tout de vivre en ville avec sa famille.
Interview filmée.

Sébastien a bien failli perdre la raison quand il a basculé dans l’électro-hypersensibilité. Mais son esprit d’analyse et son caractère méthodique lui ont permis de reprendre le dessus.
Témoignage et commentaires écrits.

Catherine est la mère, Maïlys est la fille. Toutes deux sont électrosensibles. Elles sont unies à la fois par les liens familiaux et par une souffrance commune.
Interviews sonores.

Benoît et Anne-Marie sont mariés. Elle est électro-hypersensible, lui non. Leur vie de couple en est bouleversée et se poursuit comme elle peut.
Interviews filmées.

Odile est électro-hypersensible. Elle témoigne sur ses ressentis au quotidien dans son lieu de vie très exposé aux champs électromagnétiques.
Interview filmée.

André a d’abord été durement éprouvé par son électro-hypersensibilité. Mais il est parvenu à se rétablir partiellement et à échapper à l'exclusion pour renouer avec une vie plus ou moins dans la norme.
Interview filmée.

L'isolement - Émilie


Émilie s’est installée à la campagne à cause de son électro-hypersensibilité. Je lui ai rendu visite, par un hiver rigoureux, dans le coin isolé où elle a trouvé refuge.

Merci à Émilie, comme à tous ceux qui ont suivi et qui suivront.
 


Les gens sont impatients, surtout sur internet...
20 à 40 secondes de texte, puis le témoignage démarre. Ne zappez pas !
 
Alexandre Pieroni, alexandre.pieroni@ehess.fr

Être à part - Karim


Karim persiste à vivre en ville malgré son électro-hypersensibilité, son isolement et les stratégies d'évitement qu'il est contraint de mettre en œuvre.

Il n’a pas souhaité être filmé, je me suis donc limité à un enregistrement sonore que je présente ici sous forme de vidéo avec textes et écran noir.
Bonne écoute.

Les gens sont impatients, surtout sur internet...
20 à 40 secondes de texte, puis le témoignage démarre. Ne zappez pas !
 
Alexandre Pieroni, alexandre.pieroni@ehess.fr

S'adapter - Agnès


Agnès est électrosensible depuis des années, mais continue malgré tout de vivre en ville avec sa famille.

Les gens sont impatients, surtout sur internet...
20 à 40 secondes de texte, puis le témoignage démarre. Ne zappez pas !
 
Alexandre Pieroni, alexandre.pieroni@ehess.fr